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Boris Gelfand

Deux décennies au sommet des échecs

Ce n’est pas un retour au premier plan, puisque Boris Gelfand n’a jamais quitté l’élite échiquéenne ces vingt dernières années. Mais, à 41 ans, l’Israélien est au sommet de son art et vit une troisième jeunesse, ayant retrouvé le Top-10 mondial, en tant que No 9 officiel (en fait No 5 virtuel, en tenant compte de ses derniers résultats pas encore enregistrés). Depuis 2006, il n’avait plus été aussi bien classé.

L’âge ne semble avoir que peu d’emprise sur ce joueur unanimement apprécié dans le milieu, autant pour ses qualités techniques que sa personnalité. A Bienne, il ne sera pas seulement le doyen du Tournoi des grands maîtres, mais aussi le mieux classé et le plus fidèle participant. Depuis 1993, date de sa première venue, l’édition 2009 constituera sa 7e visite au Palais des Congrès. C’est justement dans le cadre du Festival que Boris Gelfand a cueilli l’un de ses succès les plus éclatants. En 1993, il avait décroché la première place du tournoi interzonal (alors unique épreuve éliminatoire du championnat du monde), auquel participaient 73 des meilleurs grands maîtres du circuit (dont Anand et Kramnik). Sa victoire biennoise contre Anand figure d’ailleurs dans son ouvrage «My most memorable games», recueil des meilleures parties de sa carrière.

Natif de Minsk, en Biélorussie, Boris Gelfand a émigré en Israël en 1998. Il est établi à Rishon-le-Zion, dans la banlieue de Tel-Aviv. Durant sa longue carrière (dont le premier sacre notable est le titre de champion juniors d’URSS en 1985), il a enlevé plus de 45 tournois (dont Bienne en 1993 et 2005), remporté les interzonaux de Manille (1990) et Bienne (1993) et disputé plusieurs tournois de candidats du championnat du monde. En 1994, après avoir pris le dessus sur Michael Adams et Vladimir Kramnik, il s’avouait vaincu en demi-finale devant Anatoly Karpov. En 1997 (formule knock-out), seul Viswanathan Anand le stoppait, à nouveau en demi-finale.

Ni rassasié, ni usé, Boris Gelfand frappe à nouveau fort lors du championnat du monde disputé à l’automne 2007 à Mexico, terminant avec Kramnik au 2e rang, derrière la référence Anand. En novembre 2008, il s’illustre en tant que leader de l’équipe d’Israël aux Olympiades de Dresde (la plus grande compétition par équipes). Une performance impressionnante avoisinant les 2833 points Elo (3e meilleur score total parmi les centaines de joueurs) lui permet, aidé par la jeune garde incarnée par Maxim Rodhstein et Michael Roiz (également présents à Bienne cet été) de décrocher la médaille d’argent, juste derrière l’Arménie, mais devant les Etats-Unis, l’Ukraine et la Russie.

Depuis le début de l’année 2009, l’ancien numéro 3 mondial est l’un des grands maîtres à avoir le plus progressé au classement de la FIDE. Numéro 9 mondial avec 2755 points Elo, il a ainsi glané 22 points supplémentaires en trois mois seulement, récoltant en particulier les fruits de nombreux résultats en championnats nationaux par équipes, en Israël, en Autriche et en Russie.

Olivier Breisacher
 

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