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Alexander Morozevich

Le retour du roi

Alexander Morozevich est le champion qui a connu le plus de succès dans l’histoire du tournoi des grands maîtres de Bienne. Certes Anatoly Karpov s’est aussi imposé trois fois à Bienne (1990, 1992, 1996), mais en creusant moins l’écart sur ses poursuivants, subissant quelques défaites de plus et devant se contenter de la 2e place en 1997 (derrière Anand) pour sa dernière participation. A Bienne, Morozevich fait encore mieux. Et peut songer à porter son total à quatre succès, pour régner tout seul au sommet des statistiques.

En 33 ans d’histoire du tournoi des grands maîtres biennois (la première édition remonte à 1977), Morozevich détient déjà trois records. Personne d’autre ne s’est imposé à chacune de ses participations (2003/catégorie 16, 2004 et 2006/catégorie 18), personne d’autre n’est parvenu à défendre son titre (2003 et 2004), personne d’autre n’a obtenu de meilleurs résultats individuels. Jugez plutôt: 8 points sur 10 en 2003, 7,5 points sur 10 en 2004 et 2006. Son bilan global est impressionnant: 30 parties, 18 victoires, 10 nuls et 2 défaites seulement. Les revues échiquéennes se sont emballées. En 2006, revenant sur son triomphe, elles titraient notamment «Morozevich stratosphérique» ou «Morozevich, le retour du Roi Lion».

Inutile de préciser que tout autre objectif qu’un 4e succès à Bienne n’est pas envisageable pour le double champion de Russie (1998, 2007). Même si à chaque fois, la moyenne de ses adversaires est toujours supérieure, avec par exemple deux rivaux (Gelfand et Ivanchuk) qu’il connaît par cœur pour les avoir affrontés si souvent ces dernières années. Mais, comme il le déclare lui-même, le Festival de Bienne est l’un de ses rendez-vous préférés, où il se sent particulièrement à l’aise et peut évoluer en pleine confiance.

Artiste déroutant pour ses adversaires, Alexander Morozevich (32 ans) n’a pas son pareil pour mettre le feu à l’échiquier. Il est considéré par ses pairs comme l’un des joueurs les plus créatifs et imprévisibles du circuit. Sans concession, il prend des risques et s’affiche comme l’un des rois de l’improvisation, «sa philosophie des échecs de haut niveau.»

Plusieurs analystes parlent de «chaos créatif sur l’échiquier» avec lui. Ce qui explique une certaine inconstance, avec des hauts, des bas et des fluctuations au classement FIDE. Actuel No 10 mondial, il était encore No 2 il y a moins d’un an. Dans un cycle de championnat du monde, son meilleur résultat est une 4e place (2005, San Luis, Argentine).

Son palmarès est éloquent. Multiple champion de Russie et d’Europe par équipes (avec Tomsk), triple vainqueur des Olympiades avec la Russie (1998, 2000, 2002), champion du monde par équipes avec la Russie (2005) ne sont que quelques-uns de ses titres les plus glorieux. L’un de ses premiers coups d’éclat remonte à 1994 (9,5 points sur 10 au Lloyds Open de Londres). En 1998 et 1999, il s’imposait coup sur coup à Sarajevo (catégories 18 et 19). Il remettait cela en juin 2008. En 2009, il a disputé très peu de tournois sur invitation. L’occasion d’en profiter à Bienne. (olb)
 

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