Evgeny Alekseev
L’envie de défendre son titre
Il avait déjoué tous les pronostics lors du 41e Festival international. Au prix d’un final incroyable (trois victoires lors des quatre derniers matches), Evgeny Alekseev avait au dernier moment devancé d’un demi-point le favori Magnus Carlsen et rejoint en tête le leader cubain Leinier Dominguez. Lors du tie-break disputé dans la foulée pour séparer les deux grands maîtres, le Russe avait le mieux maîtrisé ses nerfs pour, finalement, imposer sa loi lors de la cinquième manche, en blitz, face à Dominguez (après deux nuls en parties rapides et deux autres nuls en blitz).Douze mois plus tard, Evgeny Alekseev est le seul participant à revenir dans le tournoi des grands maîtres de Bienne. Il n’était pas le favori l’année dernière, il ne le sera pas non plus cette fois-ci. Ce qui signifie… qu’il sera vraisemblablement redoutable, prêt à s’illustrer une fois encore. Une certaine constance parle en sa faveur: depuis deux ans, il n’a plus quitté le Top-25 du classement mondial, alors qu’il n’est âgé que de 23 ans.
Bienne 2008 demeure bien sûr l’une des plus grandes réussites de sa jeune carrière, qui l’a déjà vu remporter l’Open de Genève en 2004, devenir champion de Russie en 2006, puis, en 2007, enlever l’Open Aeroflot de Moscou et terminer au 2e rang à Dortmund, juste derrière Vladimir Kramnik.
Les tie-break (matches de départage) semblent faire partie intégrante de la carrière d’Alekseev. Avant d’avoir le dernier mot à Bienne l’été passé, il avait aussi obtenu le titre national russe en 2006, après avoir triomphé en barrage de Dmitry Jakovenko. Mais toute série a une fin. En décembre 2008, le sort s’est inversé: leader de la phase finale du championnat de Russie après 8 rondes, le joueur de Saint-Pétersbourg craquait le dernier jour (défaite avec les blancs contre Svidler), puis s’inclinait dans un tie-break à trois, derrière Svidler et Jakovenko.
Evgeny Alekseev disputera son deuxième tournoi de grands maîtres dans un Festival de Bienne qu’il connaît bien pour y avoir disputé à plusieurs reprises l’Open des maîtres (avec un 2e rang en 2005). Parallèlement, «Jenya» (son surnom à Saint-Pétersbourg) a rejoint depuis quelques mois le cycle des Grands Prix du championnat du monde.
Sa carrière ne doit rien au hasard. Fan des mathématiques depuis sa tendre enfance, il s’est lancé dans le jeu des rois à 5 ans, capable déjà de rester des heures devant un échiquier. Ecolier, il rejoint aussitôt une école d’échecs performante. A 9 ans, il bénéficie de son premier entraîneur personnel. A 16 ans (en 2001), il devient vice-champion de Saint-Pétersbourg, remporte un premier tournoi fermé en Israël, puis manque d’un rien le titre de champion du monde juniors. Il ne lui restait plus qu’à devenir grand maître et passer professionnel. Mission accomplie… (olb)


