Un extra-terrestre capable de tout
Amoureux inconditionnel du jeu d’échecs, Vassily Ivanchuk connaît tout, joue tout et il est capable de tout. Ses parties sont suivies avec attention par de très nombreux amateurs, souvent ébahis par la richesse de son répertoire et l’originalité de ses victoires. Pourtant décrypter son jeu est loin d’être une sinécure. Voici ce que déclarait le GM Nigel Short, ancien finaliste du championnat du monde, il y a quelques années. «Il y a seulement deux joueurs au monde dont je n’arrive pas à comprendre le jeu, Alexander Morozevich et Vassily Ivanchuk. Lorsque je regarde leurs parties, je n’arrive pas à deviner plus d’un coup sur cinq.»Le champion ukrainien est un véritable phénomène craint par ses pairs. Il a presque tout gagné, mais parfois il rate les moments décisifs. Longtemps présenté par le King Garry Kasparov comme son dauphin, il avait tout pour devenir champion du monde. Il effleura même du bout des doigts le titre mondial en 2002 où il affrontait en finale du cycle FIDE son jeune compatriote Ruslan Ponomariov. Tout le monde le voyait déjà au haut de l’affiche. Mais Ponomariov a plié et Ivanchuk a craqué.
L’an passé, il caracolait à la seconde place du classement mondial, avec une performance à 2977 Elo à Sofia, digne d’un extra-terrestre, pour entamer ensuite une descente incroyable avant de pouvoir redresser la barre. A Bienne tout est possible pour Ivanchuk. «Il existe une croyance parmi les meilleurs joueurs comme quoi rivaliser avec Ivanchuk au top de sa forme est une affaire désespérée», relevait, comme tant d’autres, Nigel Short. (gb)



